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Présentation des Porifères 2ème partie

Schématisation d’une éponge : le type "Ascon"

Le type "Ascon" représente la forme d’organisation la plus élémentaire chez les éponges. Sous cette configuration, l’animal prend l’apparence d’une petite outre fixée à sa base. Sa paroi est percée d’une multitude de pores inhalants qui laissent entrer l’eau, tandis que son sommet s’ouvre par un large orifice exhalant appelé oscule.
Dépourvue de tout système respiratoire, circulatoire ou excréteur, l’éponge dépend entièrement d’un mécanisme de filtration continu pour survivre. L’eau qui traverse ses parois apporte non seulement les nutriments, mais permet également à l’organisme de respirer et d’excréter ses déchets métaboliques par simple diffusion cellulaire. Ce flux d’eau constant pallie efficacement l’absence de véritables organes. Le bon fonctionnement de ce système repose sur un type de cellule unique et hautement spécialisé : les choanocytes. Tapissant entièrement l’atrium de l’éponge, ces cellules assurent à elles seules la mise en circulation de l’eau, la capture des particules alimentaires en suspension et participent à la digestion.

Schématisation d’une éponge : le type

Schématisation d’une éponge : le type "Ascon"

Structure et fonction d’un choanocyte

Le choanocyte est une cellule hautement spécialisée caractérisée par une collerette et un flagelle. Le mouvement incessant de ce flagelle sert de moteur hydraulique : il génère un flux d’eau continu à travers l’éponge pour l’approvisionner en oxygène et en nutriments. Lors du passage de l’eau, la collerette capture les micro-organismes, tels que les bactéries et les algues unicellulaires. Ces particules alimentaires sont ensuite enfermées dans des vacuoles digestives pour y être digérées, avant d’être transférées à des cellules mobiles, des amibocytes, qui se chargent de distribuer les nutriments à tout l’organisme.
Comme la majorité des cellules vivantes, le choanocyte possède un noyau renfermant son information génétique, ainsi que des mitochondries qui produisent l’énergie nécessaire à son fonctionnement.

Schéma d’un choanocyte.

Schéma d’un choanocyte.

Types d’organisation des éponges

Le type "Ascon" représente l’organisation la plus élémentaire, les choanocytes (en rouge) tapissent l’ensemble de l’atrium ou spongocœle. Ce type d’organisation présente des limites physiques évidentes. La surface de filtration est limitée par rapport au volume de l’atrium (ou spongocœle), le courant d’eau ralentit fortement à l’intérieur, ce qui limite l’efficacité de la filtration. C’est pourquoi les éponges de type "Ascon" restent toujours de très petite taille (quelques millimètres).
Pour grandir, d’autres espèces ont dû évoluer vers des structures plus complexes, comme les types "Sycon" et "Leucon", qui multiplient les replis et les chambres de filtration augmentant ainsi la surface de filtration. Dans le type "Sycon", les choanocytes sont rassemblés dans de petits tubes alimentés par un réseau d’eau (voir détail photo en bas à droite). Le type "Leucon" pousse cette complexification à son maximum et constitue la seule organisation présente chez les éponges siliceuses. Dans cette forme, les choanocytes sont concentrés dans d’innombrables petites chambres vibratiles sphériques (voir détail photo en bas à gauche). Un réseau complexe de canaux apporte l’eau à ces chambres. La cavité centrale disparaît au profit d’un système de canaux ramifiés, qui débouchent fréquemment sur plusieurs oscules distincts, permettant à l’animal d’atteindre des dimensions beaucoup plus importantes.

Trois types d’organisation des éponges.

Trois types d’organisation des éponges.

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Sycon sycandra, système aquifère de type syconoide © Jean Vacelet. Publiée avec l’aimable autorisation de M. Jean Vacelet.

Dysidea pallescens, chambre choanocytaire

Dysidea pallescens, chambre choanocytaire © De Vos L., Rützler K., Boury-Esnault N., Donadey C. & Vacelet J. 1991. - Atlas de morphologie des Eponges - Atlas of sponge morphology. Smithsonian Institution Press, Washington, 117 p. Publiée avec l’aimable autorisation de M. Jean Vacelet.

Cas des éponges carnivores

La grande majorité des éponges est constituée d’espèces filtreuses qui se nourrissent de micro-organismes, bactéries et quelgues unicellulaires contenues dans l’eau. Cependant, il existe, généralement à grande profondeur, quelques espèces carnivores.
Ces éponges ne correspondent à aucun des 3 types d’éponge communément présentés (Ascon, Sycon, Leucon) puisqu’elles ne possèdent pas de système aquifère et ne filtrent pas l’eau. En revanche, elles développent des longues excroissances ou filaments dont la surface est couverte de minuscules spicules en crochets qui piègent les petits crustacés (mysidacés, pycnogonides) dont elles se nourrissent. Les proies une fois capturées sont ensuite entièrement recouvertes par les cellules de l’éponge (en quelques heures) puis lentement digérées à l’intérieur de celles-ci (phagocytose). La digestion totale d’une proie prend entre 8 à 10 jours. Toutes les parties non digérées (chitine de la carapace) sont ensuite expulsées des cellules (exocytose) et rejetées à l’extérieur de l’éponge dans l’eau environnante. Ce processus d’évacuation des déchets se fait en quelques heures.
Contrairement aux autres espèces d’éponges carnivores, Lycopodina hypogea est peut être observée à seulement quelques mètres sous la surface. Initialement découverte dans une grotte en Méditerranée et décrite par le professeurJean Vacelet, Elle a été découverte quelques années plus tard en Atlantique par les membres de l’équipe de Mer et littoral, tout d’abord autour de l’île de Groix (Jean-Michel Crouzet, Communication personnelle) puis à Ouessant (Anne Bay-Nouailhat).
en savoir plus : Unexpected records of ’deep-sea’ carnivorous sponges Asbestopluma hypogea in the shallow NE Atlantic shed light on new conservation issues.

L’éponge carnivore <i>Lycopodina hypogea</i>, La Ciotat, France, 18 mètres, 2010, JV.

L’éponge carnivore Lycopodina hypogea, La Ciotat, France, 18 mètres, 2010, JV.

Les auteurs

Photographie de Wilfried Bay-Nouailhat

Wilfried Bay-Nouailhat

Plongeur - Naturaliste
Photographe Sous-Marin

Photographie de Anne Bay-Nouailhat

Anne Bay-Nouailhat

Chargée d’études en environnement marin
Plongeuse professionnelle - Naturaliste

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