Il existe chez les ascidies, hormis les ascidies solitaires, deux types d'ascidies coloniales: les ascidies
sociales et les ascidies coloniales à proprement parler, appelées aussi synascidies.
Les ascidies sociales sont des ascidies de type solitaire qui vivent reliées les unes aux autres par un stolon
basal. C'est le cas des espèces des genres Stolonica ou Clavelina.
Grâce à ce stolon, les ascidies peuvent, en plus du mode de reproduction sexuée, se reproduire de façon asexuée
par bourgeonnement du stolon. Elles peuvent ainsi former des ensembles de plusieurs dizaines d'individus
génétiquement identiques.
Dans la plupart des cas, les ascidies sociales sont des espèces annuelles, c'est
à dire, qu'elles disparaissent en hiver pour ne ressurgir qu'au printemps quand les conditions d'éclairement,
de température et par conséquent de nourriture sont satisfaisantes. Seul le
Stolonica socialis
stolon subsiste en hiver sur les
roches et autres substrats durs. Dès le printemps, il bourgeonne pour donner naissance à des blastozoïdes
hermaphrodites qui vont pouvoir se reproduire de façon sexuée en formant une larve qui va aller se fixer un
peu plus loin et former à son tour une nouvelle colonie.
Les ascidies coloniales ou synascidies quant à elles, sont des ascidies chez lesquelles les individus
vivent en groupe au sein d'une même tunique, appelée cormus. Chez certaines espèces, ce communautarisme
est encore plus poussé puisque les individus sont regroupés au sein d'une même tunique et en plus
autour d'un siphon cloacal commun. C'est le cas pour l'espèce Botrylllus schlosseri, le Botrylle étoilé.
Botryllus schlosseri
Les individus ont leur propre siphon buccal, ils conservent leur propre système digestif, reproducteur, leur coeur mais ils se partagent le même siphon cloacal. Entre deux à douze individus peuvent ainsi se regrouper autour du même siphon exhalant au sein de la colonie. Les ascidies coloniales ont développé deux modes de reproduction: sexuée et asexuée. Dans le cas de la reproduction sexuée, la fécondation peut être externe, c'est à dire dans l'eau comme chez les ascidies solitaires, ou interne dans le cas où il y a un siphon cloacal commun. Les oeufs sont alors conservés dans une poche incubatrice située située dans la cavité cloacale jusqu'au stade larvaire où les larves sont alors expulsées de la colonie. Les larves se fixent et se métamorphosent en un oozoïde asexué qui bourgeonne des blastozoïdes hermaphrodites qui peuvent bourgeonner à leur tour.
Coupe d'une ascidie coloniale genre Botryllus
Blastozoïde : Individu issu d'un bourgeonnement.
Oozoïde : Individu issu d'un oeuf.
Textes et dessins: Anne et Wilfried Bay-Nouailhat © 2007-2013.
Sites internet et ouvrages de référence : Consulter la bibliographie
Photographies: S. socialis et B. schlosseri © Wilfried Bay-Nouailhat.
page 1 >
Embranchement des Tuniciers .
page 2 >
Les Larvacés - Anatomie des Larvacés.
page 3 >
Les Ascidiacés - Anatomie de l'ascidie solitaire.
page 4 >
La larve de l'ascidie - Métamorphose de la larve en ascidie.
page 5 >
Les ascidies coloniales.
page 6 >
Les Thaliacés.
page 7 >
Les Dolioles.
page 8 >
Les Pyrosomes.
page 9 >
Les Salpes.
page 10 >
Classification des Tuniciers.